Les priorités du réseau - Automne 2011

 

Le réseau Iroqua identifie trois besoins à courte échéance en termes de recherche amont d’intérêt pour les applications aéronautiques. D’une manière générale, ces besoins consistent à améliorer notre compréhension et à raffiner la modélisation de certaines des sources de bruit, ainsi que la perception effective de ces bruits au voisinage des aéroports.

Description physique des sources de bruit

En ce qui concerne la recherche la plus amont, des progrès particuliers sont attendus sur le bruit de jets installés. Plus précisément, les effets de couplage tels que la diffraction et la diffusion du bruit d’un jet par l’écoulement d’un autre jet restent mal compris et mal modélisés. De même, il est semble important d’approfondir la compréhension et la modélisation de sources encore mal connues telles que le bruit de turbine et son développement dans la tuyère, le bruit des écoulements de vannes de décharge, la réponse instationnaire d’une aube à forte charge aérodynamique.

Plus généralement, la description physique des sources et la validation des simulations numériques associées par confrontation aux bases de données expérimentales restent un grand besoin identifié pour de nombreuses sources de bruit : tuyères double flux libres ou installées, hélices contrarotatives, mécanismes d’interaction dans les soufflantes, jets imparfaitement détendus, chevrons fluidiques en interaction avec le jet, trains d’atterrissage et dispositifs hypersustentateurs. La mise à disposition des données expérimentales adéquates nécessitera également un effort de recherche dans le domaine de la métrologie : antennerie en turbomachine, capteurs couche mince pour l’aéroacoustique, discrimination du bruit de combustion direct et indirect, méthodes de mesure et d’analyse des essais de traitement en veine rectangulaire, identification du rayonnement des entrées d’air et de l’éjection dans l’environnement hélicoptère.

Impact et perception du bruit

Un autre thème important et encore insuffisamment exploré est celui du bruit perçu. Selon une vision partagée au niveau paneuropéen, il est absolument nécessaire de progresser sur ces aspects, en plus de ceux liés à la réduction du bruit à la source, pour atteindre à l’horizon 2020 des ambiances sonores supportables par les riverains.

Ce thème présente deux volets :

 

  • La prédiction fine des niveaux sonores intégrés à proximité des zones aéroportuaires en fonction des trajectoires des aéronefs au voisinage et en fonction du bruit engendré par les aéronefs au sol mais aussi en tenant compte des phénomènes de masquage par les bâtiments,
  • La qualité sonore des bruits perçus et la gêne associée. Il serait ainsi utile de pouvoir dégager à terme des métriques de qualité sonore plus représentatives de la gêne perçue que les différentes moyennes intégrées de niveaux sonores qui se pratiquent actuellement.

 

Traitements acoustiques recyclables

Le troisième besoin se situe à l’interface de l’acoustique et de la science des matériaux. Les traitements acoustiques actuels présents dans les nacelles des réacteurs sont constitués de métaux (aluminium, titane) ou de matériaux composites collés. Ce sont des matériaux faiblement recyclables pour l’essentiel.

La contrainte environnementale croissant, le besoin se fait sentir de développer de nouvelles gammes d’absorbants recyclables à propriétés acoustiques équivalentes. La mise au point et la validation combinée des propriétés acoustiques de ces matériaux nécessiteraient l’association de compétences différentes au sein de recherches fortement interdisciplinaires.